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Daniel Johnston and the Beam Orchestra – April 15, 2010 – Le Bataclan – Paris, France

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Je n'ai pas vu autant de gens des années 90's depuis le lycée.

Ce soir au Bataclan on est plus en 2010, et les gens qui sont venus écouter Daniel Johnston ont tous la petite trentaine et plus, même s'il y a quelques "jeunes" et 3 adolescents perdus.

Ma voisine justement me dit: "je me suis dit que ça faisait longtemps que je l'avais pas entendu". Comme si elle me disait: "Je me suis dit que j'avais vraiment besoin de faire un check up".

Après un long morceau joué par le Beam Orchestra qui l'accompagne, Daniel Johnston arrive sur scène, annoncé au micro, pour chanter "Keep Punching Joe": that's just the way it is, when you're a manic depressive. (1983, Hi How Are You?) .

J'ai l'impression que nous devrions être nous le public debout pour l'écouter, et lui assis. Il y une grande admiration dans la salle à cette première chanson, et une tristesse indéfinissable, une immense nostalgie.

Dès le second morceau, il est seul avec sa petite guitare.

Je pense aux squats que je connais, je trouve salutaire qu'il y ait ces lieux parallèles qui subsistent, comme une brèche dans la normalité, et c'est ce que DJ, une brèche de génie qui subsiste, une voix venue d'ailleurs et d'avant.

Un son ni toujours juste ni travaillé, et donc une exécution fragile, mais une intention intouchée.

Pendant ces chansons à la guitare l'orchestre reste en silence, je me demande comment c'est d'être à leur place.

Les gens sont venus voir Daniel mais on peut comprendre, on a l'impression a chaque chanson de pouvoir palper l'histoire que ça a été, de l'écriture à l'écoute ici ce soir, on peut voir. Daniel Johnston ne joue pas sa musique, il est sa musique.

Encore quelques chansons seul, et puis il reprend accompagné par l'orchestre. Composé de 11 personnes, Le Beam Orchestra est jeune, il a des cuivres, des guitares, des violons, et même une boite à rythme.

Avant d'entamer "Wicked World", il demande, "How many of you think we live in a wicked word?" Quelques voix se désignent dans le public, mais moi je ne suis pas d'accord ce soir!

Il a du un peu forcer sur cette chanson puisqu'après on a un break, et l'orchestre joue seul quelques minutes.

Puis viennent encore quelques jolies chansons de ses différents albums, toujours des chansons d'amour et de monstres bizarres, et c'est la fin, il repart vite.

Les gens applaudissent et sont debout, ils crient...L'orchestre salue et s'en va, Daniel revient.

Dès qu'il arrive les gens se taisent et se rassoient doucement en une vague silencieuse. Il nous regarde puis reprend le micro et chante: "True Love Will Find You In The End", et depuis le début de l'année je n'ai pas été aussi près de pleurer à un concert.

Il en chante encore une autre tout seul, je me demande ce qu'est ce bruit qui accompagne et c'est le micro qui tremble, et même ça, ça va bien, et les gens sont encore debout pour écouter un dernier morceau avec l'orchestre.

Une très bonne soirée entre parenthèses, des années 90 ce n'est pas l'âge, mais l'innocence que nous avions perdu, cette croyance adolescente folle que nous serions aimés.

Quand je sors de là, je décrète que moi aussi j'y crois encore, et c'est drôle, on me regarde aussi avec peur et envie.

But don't give up and tell, true love will fill you in the end!

- Victoire Rambert


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